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  • 12-10-1905 Willette Intime

from Le Monde Moderne. Artikel: Willette Intime 12 pag. Lucien Puech

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WILLETTE INTIME

WILLETTE vient d’être décoré tout récemment. Décernée bien lard à unartiste dont la réputation est depuis si longtemps établie, cette distinction a été saluée de l’approbation générale. Car Willette n’est pas seulement le dessinateur habile, le peintre adroit dont on admire le savoir-faire et le tour de main. Son art est plus haut. Soit qu’il manie le crayon ou le pinceau, ses œuvres se distinguent par un mélange de poésie déli-* cate et de grâce aimable et se placent sans désavantage à côté des œuvres de Fragonard et de Boucher. On ne saurait affirmer que ceux-ci furent les inspira-teurs de son talent. La manière n’est pas la même, mais il existe entre eux comme un lien de parenté qui les unit à plus d’un siècle d’intervalle. Fragonard et Boucher ont peint les pimpantes bergères à paniers du xvm* siècle; Willette a choisi comme sujet de prédilection les jolies ouvrières de notre Paris moderne, ces adorables trottins, effrontés et rieurs, en qui semblent se résumer toute l’élé-gance et tout l’esprit de la Parisienne.

Ne vous est-il jamais arrivé de rencon¬trer à Montmartre… ou ailleurs de ces délicieuses midinettes, la tête coiffée d’un canotier de quatre sous, retroussant leur petite jupe que la moindre brise relève agréablement au-dessusde fineschevilles? La mine est éveillée, l’œil vif, l’air ga¬vroche.

Et l’on ne trouve, pour les définir, que cette exclamation :

— Oh ! le joli Willette!

11 les connaît si bien ces gamines qui le malin, vers les sept heures, dégringolent la rue Lepic en grignotant un croissant et en jasant comme les moineaux dès que le jour parait.

Ah! certes! Willette le connaît bien son Montmartre où il a passé les meilleures de ses années, car il n’est pas né sur la Butte comme on serait tenté de le croire, mais à Châlons-sur-Marne rue du Gre- nier-à-Sel. Si ce pauvre Alphonse Allais était encore de ce monde, il dirait que c’est dans ce grenier-là que Willette a fait provision d’esprit pour toute sa carrière d’humoriste.

A l’âge de raison, il vient à Paris avec sa famille et se laisse mettre, parce qu’il ne peut faire autrement, à la pension Boniface, rue de Condé, pension du bon vieux temps, où plus d’une fois son exu¬bérance et sa malice lui valurent le fouet.

Il apprend ainsi les premières notions du bien et du mal et, quand on lui croit l’imagination assez ouverte, on l’enferme au Lycée de Dijon où, pendant huit an¬nées, il fait la connaissance d’Ovide, de Cicéron et autres grands hommes qui sont pour les collégiens ce que, dans un champ un vieux chapeau au bout d’un bâton est pour les moineaux.

Ayant purgé ces huit années de réclu-sion, comme il appelle lui-même les années de lycée, Willette revint à Paris, non en sabots, comme la légende l’exige pour ceuxquifontfortune, maisen tunique de lycéen et il se présenta, dans ce cos¬tume, à l’Ecole des Beaux-Arts. La tuni¬que eut un succès fou et aussi le rapin en herbe qui fut reçu, après concours, dans l’atelier de Cabanel qui le prit en affection et le fit même poser en duc d’Anjou pour sa décoration du Panthéon.

A cette époque, déjà lointaine, les règle¬ments de l’Ecole des Beaux-Arts n’étaient pas aussi rigides qu’aujourd’hui où seuls, sont élèves les jeunes peintres qui passent avec succès le concours bi- annuel.

Il y avait les élèves proprement dits, c’est-à-dire ceux qui passaient leRubicon de l’examen… et les autres, les amateurs qui, sans titre aucun, étaient cependant admis dans les ateliers.

Willette fut parmi ces derniers. C’est dans cet atelier qu’il fit la connaissance d’un de ces amateurs et cette liaison eut une influence considérable — W illette dirait néfaste — sur sa vie.

Cet amateur se nommait, en effet. Ro¬dolphe Salis! Rodolphe Salis de Mont-martre… lecabaretier du Chai-Noir.

A cette époque, Salis faisait de la pein¬ture ou mieux prétendait en faire; mais fumiste il était né, fumiste il se montrait déjà.

Willette, quoique très jeune, s’aperçut vile que cette camaraderie ne pourrait que lui nuire et coupa court à toutes rela¬tions. Il se mit à travailler ferme et s’adonna à la décoration dans laquelle il est aujourd’hui passé maître.

Des années se passèrent; il vint, c’était la mode alors, habiter sur la Butte. Et quel ne fut pas son étonnement d’ap¬prendre que le fameux Rodolphe Salis venait d’ouvrir, boulevard Rochechouart, un cabaret artistique : Le Chat-Noir.

— Voilà un cabaret où je ne viendrai pas souvent, pensa Willette à part lui.

La destinée en décida autrement!

Il fit bien tout ce qu’il fallait pour n’y pas aller, passant sur le trottoir d’en face pour éviter de rencontrer le cabaretier dont tout Paris devait bientôt s’occuper.

Mais, certain jour, un de ses amis lui amena Rodolphe Salis dans son atelier et ce dernier avec sa faconde superbe :

— Eh! Comment vas-tu cher ami, depuis l’Ecole! Ah! c’était le bon temps! Et tu fais ton chemin, paraît-il, tu as du talent à revendre! Tant mieux, tant mieux. Moi, j’ai lâché le pinceau, je suis un modeste cabaretier, mais je veux que le Chat-Noir devienne le rendez-vous’des artistes et”il, le deviendra!

Puis, jetant un coup d’œil sur les murs de l’atelier, il s’arrêta en contemplation devant une toile représentant une femme mi-vêtue tenant, sur l’épaule, un chat :

— Dieu que c’est beau! s’écria-t-il. Seulement, si ça reste dans ton atelier, cher ami, personne ne viendra voir ce chef-d’œuvre. Oh! quelle idée!… apporte ta toile dans mon cabaret, je la mettrai en bonne place et si les Parisiens ne sont pas des imbéciles, ils l’admireront. Alors, c’est dii. A bientôt mon cher Willette.

Notre peintre qui n’avait pu placer un mot, resta tout abasourdi après celte visite; puis, comme les compliments llat- tent toujours un artiste si modeste qu’il puisse être, Willette se prit à réfléchir :

« Après tout, il est gentil… et il a raison, ma toile sera plus en vue chez lui que chez moi. ))

Bref, il se décida à la porter au Chat- Noir et j’entends encore Willette me disant :

— Je pensais queSalis avait pu changer depuis tant d’années et puis, je me répé-tais qu’il était commerçant… et qu’un commerçant, ça ne doit plus « faire de blagues ! ! ))

Il se rendit au Chat Noir, il était pris dans l’engrenage.

El Salis avait dit vrai ! Son cabaret devint le cabaret artistique de Mont-martre.

Très à l’étroit d’abord, Salis convoita une échoppe de bijoutier qui lui permet-trait de s’agrandir, mais le bijoutier se trouvait très bien où il était et ne tenait pas du tout à céder la place.

Ah! le pauvre! 11 avait à faire à trop forte partie et ne put tenir longtemps devant les tracasseries dont il fut l’objet. Chaque soir, c’était à qui inventerait « un nouveau tour » à jouer au malheu¬reux. De guerre lasse il préféra plier ba¬gage.

11 en eût perdu la raison!

Le Chat Noir put alors prendre du ventre. Quand tout fut construit, il se trouva un grand mur nu. Salis eut vite fait de le garnir dans sa tête.

— Dis-donc, Willette, lui dit-il, ne pourrais-tu faire quelque chose pour mettre en cet endroit? Une jolie toile, qu’en dis-tu ? Elle sera bien en vue, en pleine lumière.

.Et le bon Willette exécuta ce merveil-leux tableau^qui a titre Parcé^Domine ! Tous les Parisiens

l’ont vu au ChatNoir et tout récemment encore, au dernier Salon, il a obtenu le même succès que sur les murs du célèbre cabaret. Et, détail curieux, Willette l’a peint la nuit !

Ce Parce Domine est une œuvre étrange et puissante et le peintre y a dépensé une verveet une fantaisie vraiment prodigieuses. Il y souffle un vent de folie et quand longuement on le regarde, la philosophie s’en dégage, très forte. Le Chat Noir était dans ses meubles, en ses tableaux. D’abord , simple lieu de rendez-vous où les artistes et les littérateurs y venaient échanger leurs pensées, arrosées de nombreuses chopes, il devint bientôt une attraction montmartroise. On y accourait du boulevard, de Montparnasse, les provinciaux en apprirent le chemin.

Pour se séparer du vulgaire, les « in-times » se tinrent alors dans une petite pièce, pompeusement nommée Y Académie!

Des académiciens s’y montrèrent, en effet, FYançois Coppéeentre’autres. Sanglé dans sa longue redingote, Salis que Wil¬lette devait appeler plus tard, l’Ane rouge, à cause de ses cheveux, Salis rayonnait. Quo non ascendant! s’écriait-il et il eut l’idée d’avoir son journal portant comme titre l’enseigne de son cabaret.

Avec la pléiade d’artistes qu’il possé-dait ce lui fut chose facile.

Tous donnèrent d’enthousiasme, WilIette d’abord, toujours Willette qui y publia les plus adorables dessins qui soient sortis de sa plume.

Sa série des Pierrots suffirait à elle seule pour faire la fortune d’un à des artistes de grand Caran d’Ache talent et d’aussi grande naïveté, par les Alphonse Allais et les Georges Auriol!

Salis venait d’achever de conquérir Paris!

Ce rapin médiocre se faisait sacrer homme, grand hommegrâce signa des pages milimais sa taires d’une inoubliable fantaisie, Henry Sonim, d’adorables croquis que seuls peuvent faire oublier ses échos du Rire où les faits de la semaine sont si justes, si finement observés, si drôles; Docz aux histoires abracadabrantes et, plus tard, le maître Steinlen aux puissantes études d’ouvrières et de gens du peuple, aux dessins de chats d’une criante vé¬rité.

Et, courant au milieu de toutes ses jolieschoses, d’hilarantes fantaisies écrites joie n’était pas encore complète, il rêvait d’un triomphe plus grand encore, il étouf-fait dans son petit cabaret du boulevard Rochechouart devenu trop étroit.

Alors, il risqua la grosse partie et, pour se mettre dans ses meubles, loua un petit hôtel de la rue Victor-Massé, alors rue de Laval.

Mais il fallait que ce petit hôtel fût digne du public qu’il allait recevoir. Wil-lette, seul, pouvait le transformer d’un coup de sa palette magique et, en effet, Willette le transforma, se laissant per-suader, une fois de plus par « lane rouge. » Il exécuta d’abord l’immense vitrail, L’Age d’Or, qui donnait sur la rue, un des plus artistiques que nous con¬naissions, puis, denombreuxpanneaux où l’artiste donnalibrecarrière à sa fantaisie. Nous nous souvenons encore de l’accorte aubergiste servant triomphalement, sur un plat, un chat noir qui miaule, — vraie gibelotte montmartroise; de l’adorable petite femme qui reste accrochée, par ses jupes, aux bastingages d’un navire. Tout cela est d’un ton charmant et d’une grande gaîté de couleurs. Maintenant, ce n’est plus le Willette gavroche, c’est le Wil¬lette satirique, tel qu’il le sera plus lard au Courrier Français qui nous montre La Guerre.

Un cheval décharné, caparaçonné d’un immense drap noir, s’avance péniblement avec du sang jusqu’aux genoux et, derrière lui dans le lointain, nos petits précédés de leurs tambours battant la charge!

Avec le Parce Domine, ces panneaux donnaient à l’auberge du Chat Noir une note d’art inconnue jusqu’alors dans [les établissements de ce genre. C’était le succès certain qui s’affirma d’ailleurs dès le premier jour.

Une seule faute de .goût, imputable d’ailleurs à Salis, les garçons j étaient habillés en académiciens. Ce nouveau Chat noir devint la véri-table curiosité de Montmartre. Le bour-geois y venait non seulement pour en admirer l’originalité mais encore pour voir de près ces artistes montmartrois qui se réunissaient en cet endroit pour pren-dre des bocks. Des légendes s’étant créées autour de leur nom, on se les désignait du doigt, on regardait s’ils buvaient leurs consommations comme le commun des mortels, on essayait d’entendre quel¬ques mots de leur conversation.

La haute stature de Salis et son bel organe de camelot, faisaient l’admiration de tous.

Une bonne part de cette admiration des badauds allait au suisse de l’établisse¬ment, bel homme galonné qui se tenait à l’entrée très digne, et frappait un coup de sa canne chaque fois qu’il se présentait un client.

Quant aux artistes de la maison, pein-tres, écrivains, dessinateurs, ils ne prê-taient nulle attention à ce qui se passait, à ce qui se disait autour d’eux. Ils discu-taient de graves questions sur l’art ou complotaient d’énormes « fumisteries ».

Comme on peut en juger, peintres et littérateurs ne faisaient pas beaucoup de mal en fréquentant le cabaret de la rue de Laval et s’y livraient à d’innocentes plaisanteries. Il importe donc de détruire toutes les légendes qui ont couru sur ces artistes, qui tous, il faut bien le dire, ont fait leur chemin, Caran d’Ache, Steinlen, Willette, Henry Somm, Doêz, Rivière, Maurice Donnay l’auteur du Retour de Jérusalem, le dramaturge à la mode, Haraucourt, en passe de devenir acadé¬micien, le pauvre Maurice Rollinat tant regretté, Alphonse Allais qui fut l’un de nos plus étincelants humoristes, Frage- rolle, Xanrof… j’en oublie et non des moindres.

Maintenant, le Chat Noir, a-t-il contri-bué à les faire connaître?

D’aucuns prétendent que oui, ce n’est pas tout à fait l’avis de Willette qui a écrit notamment au sujet des panneaux qu’il fit pour la décoration de cette auberge : doutable des brigands, Rodolphe Salis, qui me Jil décorer sa taverne pour ma ran¬çon. J)

Pour lui, le Chat Noir n’a pas été le point de départ des futurs succès, mais bien plutôt une entrave. Pouvait-on com-mander une décoration à un bohème qui fréquentait chez Salis et passait son temps à boire des bocks !

Willette ?… un bohème !… et la légende était vraie !

Il avait beau travailler, donner des des¬sins que tout le monde trouvait dignes d’un maître… il était classé bohème !

Il y a du vrai dans les récriminations de Pierrot, car Montmartre n’était pas alors ce qu’il est aujourd’hui, et ne comp¬tait pas des hôtes illustres comme M. Del- cassé, ancien ministre des Affaires étran¬gères.

Montmartre c’était le quartier latin de la rive droite, l’endroit où l’on s’amuse, où l’on ne fait que s’amuser!

Willette est tellement persuadé de l’in¬fluence néfaste qu’avait le Montmartre de jadis qu’il nous disait un jour dans une de ces boutades toujours spirituelles :

— Voyez, môme pendant la Commune, tous ceux du centre de Paris qui y ont pris part, sont aujourd’hui de gros bonnets de la politique ou du journalisme, tous ceux de Montmartre… ont été fusillés!

Enfin, à tort ou à raison, Willette a beaucoup souffert de ce qu’il a cru devoir à l’ostracisme montmartrois.

Il lui a donc fallu un véritable talent pour arriver quand môme et pour avoir décroché ce petit ruban rouge… qui cica-trise bien des blessures.

Cette décoration est la récompense d’une œuvre considérable car, après le Chat Noir, Willette a été très recherché par Le Courrier Français d’abord où il a combattu le bon combat pour les causes justes et les déshérités de la vie, car il est d’une grande bonté.

Au journal Le Pierrot, dont trop courte fut la vie, il nous a donné le meilleur de lui-môme en des pages qui lui survivront.

Enfin, au Rire, il a pris une grande place parmi les caricaturistes célèbres qui ont nom Caran d’Ache, Léandre, Jean Veber, Henry Somm, Abel Faivre,Lucien Métivet, Albert Guillaume, Bac, Gerbault, etc. Ses numéros spéciaux ont été la grande attraction du public et il en est un qui eut môme un grand retentissement non dans Landerneau mais à Londres, je veux parler de : V’ia les English’s !

« L’entente cordiale » n’existait pas encore. L’Alliance de Willette prit violemment à partie la pudique Albion de façon magistrale. Ce fut un toile général de l’autre côté de la Manche contre Le Rire, si goûté et si répandu à l’étranger et contre Willette, l’auteur du numéro.

Toutes les gazettes de la vieille Angleterre protestèrent en masse et de violentes polémiques avec les feuilles parisiennes s’en suivirent. Aucun journal de caricature ne peut se vanter d’avoir produit une semblable émotion dans le monde !

Il n’est pas sans intérêt de rappeler que le duc d’Orléans, alors à Londres, écrivit à Willette une lettre très chaude de féli¬citations. Le malheureux ! Il devint la victimeexpiatoireet se vit immédiatement fermer les portes de tous les grands cercles anglais qui étaient fiers la veille de le recevoir.

Le séjour de l’Angleterre lui devint môme impossible et il dut se réfugier à Bruxelles.

On lui garda longtemps rancune à la Cour et ce n’est que depuis peu de temps sur les instances môme de la vieille reine que ce pénible incident fut oublié.

Nous avons parlé au cours de cette cau¬serie de Willette peintre, nous devons, pour être complet, mentionner quelques- unes de ses toiles décoratives en commen¬çant par celle qui lui fut commandée pour ITIôtel-de-Ville ; puis, le plafond du concert de la Cigale; Eve dansant à la corde avec un serpent, qui appartient au Tabarinet eut les honneurs à l’Exposition d’/lK/owne; quatre panneaux d’une fan-taisie adorable que l’on peut aller admirer à la Taverne de Paris.

Comme affichiste, il s’est révélé de pre¬mier ordre avec : L’Enfant prodigue où il représentait Félicia Mallet sous les traits de son ami Pierrot. Et, à propos de ce personnage de la Comédie-Italienne, on a dit que Willette s’était inspiré de Chéret, un autre maître de l’affiche.

Il n’en est rien. L’idée de se servir de ce blanc personnage lui est venue en voyant les fameux Haulou-luqui obtinrent un si grand succès clans Le Voyage en Suisse au théâtre des Variétés.

Marié depuis, je crois, sept très heu-reuses années, il vit le plus tranquillement du monde, se levant à l’aube pour se rendre à son atelier où l’attendent de grandes toiles qui font parler d’elles dès qu’elles paraissent en public. En ce mo¬ment il termine un plafond pour l’éditeur Relcn, un de ses fervents admirateurs.

Tout en travaillant, Willette fume la pipe et gourmande une petite chatte noire, qui répond au nom de Virgule et lui mange ses fleurs. Oh! il ne la gourmande pas très fort car le peintre est la bonté même. Nous ne lui connaissons qu’une haine, M. le sénateur Bérenger, qui est sa bète noire.

L’âge de Willette? Il a porté la crino-line en môme temps que l’impératrice Eugénie. Mettons qu’il est d’un âge où l’artiste est en pleine possession de ses moyens et produit ses plus belles œuvres.

LUCIEN PUECH.

  1905  /  collectie NK, Kunstwerken  /  Voor het laatste geüpdate april 30, 2021 door Redactie  /  Tags: , ,