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  • Ah! Le goret, qui a trouvé ca dans le soulier de Madeleine

Ah! Le goret, qui a trouvé ca dans le soulier de Madeleine

Ah! Le goret, qui a trouvé ca dans le soulier de Madeleine. Le Rire no. 117 front illustratie
Ah! Le goret, qui a trouvé ca dans le soulier de Madeleine

Ah! Le goret, qui a trouvé ca dans le soulier de Madeleine

Een rechter met de roede in de hand bij Madeleine, naakt. Dit is een reactie op een aanklacht over de afbeelding die eind december 1896 verscheen:

La prière de Madeleine

La prière de Madeleine

Deze Rire werd wegens immoraliteit van de tekening uit de kiosken in Parijs verwijderd. Het hele verhaal stond in de Rire no. 117 op pagina 2.:

Le Rire Saisi... D'étonnement

tekst rond de vervolging van het blad n.a.v. de Madeleine tekening van eind december.

De integrale tekst:

LE  RIRE SAISI… D’ÉTONNEMENT

 

Les lecteurs du Rire ont pu s’étonner que nous n’ayons pas dit un mot jusqu’ici de la saisie de notre numéro de Noël annoncée et commentée, par l’unanimité de la Presse, avec des appréciations d’ailleurs très flatteuses pour nous, mais assez peu flatteuses pour les magistrats qui avaient ordonné cette saisie.

L’ordonnance de non-lieu que tout le monde attendait ayant été signée la semaine dernière, nous pouvons maintenant dire un mot de cette ridicule affaire.

Huit jours après l’apparition du numéro et du charmant dessin de Willette qui en ornait la première page, ce numéro était saisi dans les kiosques. De telle sorte, si le dessin avait été immoral (immoral, hein ! Willette, qu’est-ce que vous en dites?) le parquet aurait été singulièrement complice de la démoralisation des masses.

Toutefois, comme les directeurs du Rire ont toujours eu la conscience et se sont toujourstracé un devoir de faire un journal d’art, de libre gaîté, mais pouvant et devant être mis entre les mains de tous les honnêtes gens, ils n’attendirent pas les formalités de la citation. Ils coururent droit au Palais alin de savoir en quoi Made­leine avait pu, aux yeux des magistrats, mériter une seconde fois le nom de pécheresse.

Là, ce qu’ils apprirent les plongea dans une stupéfaction dont ils ne sont pas encore bien revenus. Mais ça va mieux, merci, grâce à la généreuse volée de bois vert que reçut, dès le lendemain, le Parquet.

Voici ce qui avait causé leur saisie — et leur saisissement. Un jeune substitut avait vu, non dans la composition même de Willette, car il n’y avait pas moyen même pour le plus féroce et le plus per­fide, de l’incriminer, mais dans les accessoires interprétés d’une certaine façon, une ob-scé-ni-té ! Pour la première fois, on appre­nait, avec une amère envie de rire, mélangée de colère et de gêne, qu’un dessin de Willette devait se lire à l’envers, ou par transpa­rence, ou en clignant de l’œil comme pour les questions grossière­ment dessinées que l’on colporte dans les mauvais lieux.

Du coup, M. Bérenger lui-même en fut abasourdi, et il déclara à ceux qui l’interviewièrent qu’il n’était pour rien dans les poursuites. M. Puvis de Chavannes déclara tout net qu’il fallait être bien per­vers, ou bien malade, pour voir dans le dessin autre chose que ce qui s’y trouvait.

La direction du Rire demeura absolument en dehors du beau ta­page qui se déchaîna dès cet instant. Ce n’est même pas par elle que l’on connut dans la presse et dans le public l’étrange et odieux chef d’accusation. D’ailleurs, le Rire aimait bien mieux que l’appré­ciation vint des autres que de lui-même.

Mais aujourd’hui il voudrait réparer le temps que sa réserve bien légitime lui a fait perdre. Il avait hâte de remercier do tout cœur les éminents et excellents confrères qui, moins encore par sympa­thie pour lui que pour une question de principe et de dignité pro­fessionnelle, jugèrent si bien les personnages qui jugeaient si mal.

Georges Montorgueil, dans un admirable article de l’Eclair, examina la question avec une hauteur de vue qui dépassait de beaucoup ce mesquin incident, et il montra qu’on ne saurait avoir de respect et de déférence que pour la justice qui voit juste. M. Henri de Weindel dans l’Evénement, M. Alexandre Hepp dans le Journal, M. Clovis Hugues dans la France, Santillane dans Gil Blas, Eugène Thébault dans l’Echo de Paris, Viau dans la Libre Parole, publièrent des ar­ticles étincelants et aussi ironiques que judicieux. Enfin nous de­vons remercier particulièrement parmi les journaux qui voulurent bien s’intéresser spontanément à notre cause, ou plutôt à la cause du bon sens et du respect du public, le Journal des Débats, le Ra­dical, le Malin, l’Echo de Paris, l’Intransigeant, la Justice, le Siècle, la Petite République, la Presse, la Patrie, etc., et parmi les journaux des départements, le Populaire de Nantes (M. Albert Ro­bert), le Havre, le Journal d’Alsace, le Progrès de Dijon, etc., etc.

Si un dommage et une peine nous furent causés par l’étonnante méprise du parquet, ils lurent amplement réparés par l’ensemble de ces beaux et bons articles.

Nous devons d’ailleurs déclarer que nous n’avons pas eu à nous plaindre de tous les magistrats que nous avons rencontrés. Nous avons trouvé en M. Bertulus un juge d’instruction absolument im­partial, qui a examiné et jugé avec fermeté, avec esprit et avec clair­voyance. M. Bertulus a réussi à effacer la fâcheuse idée que nous nous faisions de la magistrature d’après les premiers rapports (et les derniers, espérons-le) que nous avions avec elle.

Les derniers? Qui pourrait en être assuré, si les choses sont exa­minées au début avec une pareille légèreté, si l’on confond aussi aisément un journal soucieux de sa dignité avec un placard ordurier et Willette avec un bas chenapan?

C’est ce qui nous reste à indiquer en terminant, car nous aurions mauvaise grâce à parler longuement de dommages matériels, bien que ces dommages soient réels et immérités. Nous ajoutons seule­ment qu’ils auraient pu être considérables si la saisie avait eu lieu dès le jour de la mise en vente. Il ne s’agit que de vingt-deux exem­plaires que nous offrons respectueusement au Parquet comme mo­dèles de dessin.

Si l’on prenait l’habitude de juger un dessin, non sur sa franche et véritable signification, mais sur ce que le premier malade venu est exposé à y trouver dans un accessoire, il n’y a plus de journal illustré possible, et les plus belles œuvres, du jour au len­demain, peuvent être flétries par de pareilles interprétations.

Nous avons confiance, cependant, que cela ne fera pas jurispru­dence.

Dans son article de la France, M. Clovis Hugues disait : «Qui in­demnisera le Rire?» Le Rire est tout indemnisé par la vaillante sympathie que lui ont témoignée ses confrères et ses lecteurs.

Dans son article de l’Éclair, M. Georges Montorgueil disait : «Qui punira le magistrat coupable d’avoir créé le délit d’immora­lité? >» Le magistrat, croyons-nous, est suffisamment puni.

C’est le Rire qui demande grâce pour lui.

Là-dessus, nous faisons cent mille excuses pour avoir aujourd’hui parlé de choses ennuyeuses; mais on sait que ce n’est pas notre coutume, et qu’il n’y a pas de notre faute.

Le Rire.

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  1897  /  collectie NK, Kunstwerken, Le Rire  /  Voor het laatste geüpdate januari 30, 2021 door Redactie  /  Tags: ,